Le mouvement thérapeutique se réfère aux récepteurs proprioceptifs des articulations, des tendons, des muscles et aussi de l’oreille interne.
Le mouvement thérapeutique exprime la sensibilité et les sensations internes liées aux mouvements des différentes parties du corps.
La proprioception représente la capacité du corps à protéger ses articulations et à maintenir un équilibre physique en assurant l’harmonie de l’état et de la position des articulations.
La sensibilité proprioceptive a une fonction de protection de l’appareil locomoteur, notamment des articulations. Elle s’apparente à la protection du tissu musculaire qui déclenche une contraction lors d’un étirement brusque ou anormal.
La conscience proprioceptive est impalpable, il s’agit d’un phénomène qui n’est pas contrôlé par la volonté, contrairement à la contraction musculaire.
Elle agit par elle-même sans que nous puissions la contrôler ou la mettre en action.
En revanche, la fatigue et le manque de concentration font chuter considérablement cette sensibilité proprioceptive et entraine un risque de lésions.
En somme, nous n’avons aucun moyen d’activer par la volonté notre sensibilité proprioceptive.
On peut l’optimiser avec de la concentration.
Nous ne la ressentons pas, elle agit sans envoyer de signaux nerveux, nous pouvons cependant en ressentir ses conséquences : une forte stabilité articulaire qui se traduit par exemple par les équilibres des meilleurs sportifs, en phase de jeu intensif.
On parle alors de schéma corporel. Ce dernier est particulièrement chamboulé à l’adolescence, au moment où la croissance est la plus rapide, les schémas et la conscience de la longueur et de la position de ses membres en mouvement doivent être reconstruits, ce qui explique souvent une baisse des performances à ce moment-là chez les champions précoces.
Ces sens sont totalement bouleversés lorsque le cerveau est sous l’emprise de psychotropes ou de stress intense.
En effet, ce sont le cerveau et les liaisons articulations/tendons/cerveau qui permettent cette conscience.
Sous alcool par exemple, on perd totalement notre équilibre et notre faculté proprioceptive. C’est ce qui explique pourquoi la conduite est interdite : perte de vitesse de réaction, gestes moins précis, perte de la capacité d’anticipation des mouvements et réactions de la voiture, qui est dans ce cas le prolongement de notre corps…
Sous alcool, il est impossible de tenir sur un pied les yeux fermés, exercice qui illustre pourtant totalement la faculté proprioceptive du corps.
Le fait d’avoir une conscience posturale (schéma corporel) et d’avoir une bonne sensibilité proprioceptive offre une maîtrise du corps et la possibilité d’utiliser son potentiel physique à un niveau bien supérieur par rapport à quelqu’un qui ne possèderait pas ces aptitudes-là.
L’intérêt de ces consciences corporelles réside en plusieurs points :
– diminution du risque de blessure
– augmentation du potentiel physique
– augmentation de la précision et de la justesse technique
– augmentation des sensations corporelles liées aux exercices physiques (plus de signaux, plus d’informations, plus de feed-back, donc progression technique plus rapide)
– augmentation de la capacité à recruter rapidement le tissu musculaire
– amélioration de la vitesse de réaction
– amélioration des performances
La perception de son corps est modifiée par le développement de la sensibilité proprioceptive, principalement par l’amélioration du schéma corporel qui devient plus précis, ce qui bouleverse considérablement l’image que l’on se fait de soi, de ses mouvements et de sa position en temps réel.
On visualise son corps et le positionnement de ses membres d’une manière précise, ce qui permet d’utiliser l’anticipation du mouvement.
Il s’agit aussi d’un mécanisme de survie indispensable (anticipation du danger, réactivité, prise de décision, geste précis). Dans des temps plus anciens et précaires, il était impossible de survivre en milieu hostile sans détenir ces capacités.
On peut améliorer sa proprioception en effectuant du travail spécifique d’équilibre, qui vise à stimuler les récepteurs proprioceptifs qui sont dans les articulations et les tendons. Ce travail consiste à se placer dans une situation d’instabilité (tenir sur une jambe par exemple, ou sur un pied sur une assiette en bois instable). C’est ce type de travail qui est notamment effectué en rééducation, pour redonner à l’articulation de la sensibilité, de la force et la capacité de se maintenir et de se protéger.
L’harmonisation d’un esprit fort et d’un corps tout aussi fort conduit à l’expression totale de l’individu.